Bancarisation : un agent, un compte. Moins de 15 % des effectifs à intégrer

Bancarisation

Plus qu’une réforme, c’est un véritable événement historique qui aura réussi à mettre tout le monde  d’accord en RDC. La « bancarisation » des salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat est entrée dans la légende des réalisations politiques mais aussi dans la mémoire de la RDC et au-delà, de l’Afrique. Elle coule dans les veines des congolais qui reconnaissent aujourd’hui les valeurs de courage, de détermination et de persévérance. C’est grâce à ce défi ambitieux, mais passionnant qui pousse le gouvernement à s’investir davantage  dans d’autres réformes du genre, qu’à ce jour, plus de 86% des effectifs des fonctionnaires de l’Etat disposent enfin, d’un compte en banque, selon un rapport de la Direction de la Paie. 670.081 personnes bancarisées, fin avril 2014, témoins de ce qui restera comme une des réformes majeures de l’action du gouvernement.

Une réforme forte de symboles

Dans un contexte marqué par la faiblesse du réseau bancaire, les autorités congolaises ont réussi un comeback inespéré d’une culture à même de contribuer à l’émancipation de populations trop souvent laissées pour compte qui se retrouvent autour d’un événement pacifique à la hauteur de leurs aspirations : ils sont désormais à l’abri des ponctions pratiquées jadis sur leurs salaires par des prédateurs sans état d’âme. C’est aussi le reflet d’une lutte politique pour le respect entre les hommes. La bancarisation vient ainsi d’inscrire l’une des plus belles pages de son histoire en RDC.

Des valeurs universelles

Faire rayonner la bancarisation en l’inscrivant dans un projet de société plus global permet aux bénéficiaires de prendre confiance en eux, étape nécessaire pour leur épanouissement personnel. A ce jour donc, la Direction indique que tous les services de Kinshasa, des chefs-lieux des provinces, des villes, des chefs-lieux des districts, et des territoires accessibles sont bancarisés (soit un effectif de 670.081 agents et fonctionnaires fin avril 2014). Si les primes des agents du secteur de la santé en provinces (83 mille unités) et les cas résiduels de Kinshasa (8 mille unités pour le ministère de la Santé) restent à bancariser en attendant  le travail d’assainissement en cours au niveau du ministère de la Santé publique ainsi que la confrontation des fichiers de primes et salaires par les services informatiques de la Direction de la Paie, les retraités et les éléments inactifs de l’armée payés aux affaires sociales et dont l’effectif  n’est pas connu, ne sont pas concernés par la bancarisation. Pour l’Exécutif national qui, depuis longtemps luttait éperdument pour le bien-être du personnel de l’Etat,  la bancarisation représente le triomphe d’une action qui a su s’imposer avec ses valeurs.

 Une espérance pour les nouvelles générations

 La bancarisation a été l’unes des premières démarches nationales, un des événements politiques à pouvoir s’ancrer dans les esprits des congolais. Il a montré l’enthousiasme des bénéficiaires et leur capacité à pouvoir l’accueillir. Au début, beaucoup de ratés avec les banques peu habituées à ce système, plus que bondées de nouveaux clients, mais aussi l’absence de banques dans les zones les plus reculées du pays où des opérateurs de téléphonie cellulaire ont été mis à contribution. Malgré ces difficultés de début, la réforme profite à beaucoup et, grâce au recensement qui l’a précédée, l’Etat peut réaliser des économies. Ce combat a été l’occasion pour le gouvernement l’occasion d’affirmer son autorité et de mettre en place un fichier unique de la paie. Il a été téléchargé sur le serveur de la Direction de la paie et est actuellement alimenté de 830.778 effectifs sur les 1.037.834 liquidés pour le deuxième trimestre 2014 (non compris  l’effectif inconnu des inactifs de l’Armée payé aux Affaires Sociales).

En cours d’intégration, les retraités civils et militaires, soit 132.957 unités (les données sont déjà disponibles), le personnel politique de la Primature, du Sénat, de  l’Assemblée nationale et le personnel global de l’ANR ainsi que les inactifs de l’Armée payés au ministère des Affaires sociales.

Mais rien n’est laissé au hasard. L’opération bancarisation est soutenue par un logiciel de  suivi de la paie. Ses données, mises en ligne depuis le 14 mars 2014 concernent les FARDC, la PNC et le SECOPE. Les banques ayant en charge la paie de ces trois structures pour le moins sensibles ont extrait les données pour la paie du mois de mars 2014 et, le chargement des données traitées par les banques (reporting des banques) est en cours d’essai pour la même paie avec l’accompagnement du Consultant.

Dans le même temps, au ministère du Budget, on se démène pour le renforcement des capacités humaines avec la formation des utilisateurs  de la PTS, « Module  de mise à jour des mouvements de la paie  et Module Contrôle »  depuis le 2 avril 2014 dernier. Il s’agit notamment, des agents de liquidation et  les contrôleurs qui bénéficient d’une formation sur place et à l’étranger ainsi que des informaticiens et  techniciens  qui doivent s’adapter au nouveau système mis en place, à programmer pour juillet 2014.

Il est également prévu, dans la même logique, le renforcement des capacités matérielles quant à l’interconnexion Direction de la Paie – Coordination Informatique Interministérielle – Direction du Trésor et Ministère de la Fonction Publique (Dossier de procédure de passation des marchés en cours) ainsi que l’aménagement de l’espace de travail à la Direction de la Paie dont le dossier est en cours d’examen au niveau du cabinet/Budget.

Il est entendu que le pays pourra plus tard, initier d’autres réformes de portée internationale avec, à chaque fois un même sentiment, la fierté d’impliquer la population y et de faire vivre ces démarches au niveau local.